Traces, empreintes et fragilité du vivant
Je m’inscrit dans une démarche de peinture contemporaine, territoire d’exploration et de résonance, espace où se déposent les strates du temps, du vécu et de l’intime. Ma peinture est à la fois un fil tendu et un voile délicat, une peau qui capte et qui dissimule, une mémoire qui se superpose et se transforme.
Créer, c’est dérouler le fil de soi. Un fil fragile mais tenace, qui révèle et qui masque, qui s’effiloche parfois mais qui tient bon.
Découvrez le tout dernier travail sorti de mon atelier.
L’empreinte, un fil conducteur
J’ai grandi dans le Sud de la France, dans un village du Gard, Aubais, où la notion d’empreinte artistique prend tout son sens. C’est aussi le village natal de Claude Viallat, figure majeure du mouvement Supports/Surfaces, un peintre qui a interrogé toute sa vie la répétition du motif et la matérialité du support.
Depuis toujours, j’ai su ce qu’était un peintre. Enfant, je croisais Claude Viallat et j’écoutais sa mère me raconter comment, petit garçon, il dessinait en cachette sous la table. Plus tard, je suis entrée pour la première fois à Beaubourg (Centre Pompidou, Paris) et j’ai été accueillie par une de ses œuvres monumentales. La peinture pouvait être un monde entier.
Aujourd’hui encore, je ressens cette filiation artistique dans mon rapport au motif, au fragment et à la trace.
En savoir plus sur Claude Viallat
Fragilité et résistance : l’art du papier de soie
Dans mon travail, le papier est une peau. Il absorbe, il vibre, il se plisse et se tend. J’utilise le papier de soie, un matériau à la fois évanescent et résistant, presque paradoxal. Il est fragile sous les doigts, mais une fois collé et marouflé sur un panneau de bois, il devient une matière vivante, qui respire et porte la mémoire de son propre mouvement.
Créer avec du papier de soie, c’est travailler dans une tension permanente entre précarité et permanence. C’est accepter l’accident, la déchirure possible, et l’intégrer au processus de création.
Cela donne naissance à des surfaces picturales où se mêlent pli, relief, opacité et transparence, comme une peau qui porte les traces du temps.
Peindre la mémoire du vivant
Je ne peins pas seulement des formes ou des paysages, je cherche à capter des traces, des réminiscences, une mémoire du vivant.
Techniques et expérimentations
- Le monotype, qui laisse une marque unique et irrégulière, à la frontière du hasard et du contrôle.
- Le cyanotype sur papier de soie, une technique qui utilise la lumière solaire pour révéler la silhouette des végétaux, ajoutant une dimension d’incertitude et de délicatesse au processus.
Ces techniques me fascinent car elles capturent l’instant et l’évanescence, elles fixent ce qui était là, sans jamais l’enfermer.
En savoir plus sur la technique du cyanotype
Matière, motifs et résonances
Comme Claude Viallat avec ses bâches de parasols et ses tissus, je suis fascinée par la texture, par la matérialité du support. Le papier que je maroufle sur bois devient une peau, avec ses aspérités, ses plis, ses tensions.
Je vois la peinture comme un espace de résonance, où chaque élément dialogue avec les autres. Un motif peut émerger, disparaître sous une couche de couleur, réapparaître transformé.
C’est une écriture vivante, une vibration du sensible, un équilibre entre densité et légèreté, opacité et transparence.
Les travaux notés comme disponnibles, sont disponnibles à la vente. les autres ont déjà trouvé leurs nouveaux murs…
Une de ces oeuvres vous intéresse?
Je vous propose ci-dessous quelques images de détail de ce dernier travail.